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ATHP
Je travaille sur la ville comme scène d’existence politique, afin d’interroger la manière dont les subjectivités apparaissent et cohabitent dans les lieux urbains. La ville est un lieu d’apparition, d’hospitalité et de conflit — un espace où les vies se croisent, se révèlent, s’affrontent parfois, mais finissent par se tenir ensemble.
Mon travail explore cette tension à travers deux gestes complémentaires, qui composent une même recherche sur ce que signifie habiter un monde abîmé mais encore habitable :
- Formuler une géopoétique de l’urbain et la condenser dans des formes sensibles (oeuvres) ;
- Mettre cette pensée à l’épreuve des lieux (ville) ;
J’explore la géopoétique comme théorie-pratique du lien entre l’humain et la ville — une interrogation sur la manière dont les lieux, les saisons et les formes urbaines révèlent notre rapport au monde, souvent rompu, parfois réinventé. Ce n’est pas une esthétique, mais une méthode qui engage le geste comme outil de connaissance.
À travers les projets, les résidences et les publications, cette démarche interroge les conditions d’une présence habitante : penser et faire la ville non comme un système à planifier, mais comme une scène vivante, traversée de récits, de tensions et d’hospitalités possibles.
Elle développe une stratégie urbaine transversale, à la croisée de la recherche, du projet et de la création — une manière de transformer la ville par la connaissance, l’imaginaire et l’action collective.
La ville n’est pas seulement un espace bâti ; c’est une scène où les vies se révèlent, s’affirment, s’opposent.
Cette apparition n’est jamais neutre : elle dépend des régimes de visibilité, des rapports de pouvoir, des seuils qui séparent l’intérieur du dehors.
Penser la ville comme scène d’existence politique, c’est interroger les conditions de cette apparition : qui peut prendre place ? qui reste invisible ? comment un lieu permet-il à chacun d’exister aux yeux des autres ?
L’enjeu n’est pas de produire un consensus, mais d’accueillir la friction comme principe vital du politique.
La ville, dans sa conflictualité même, devient alors le lieu d’un apprentissage collectif : celui d’habiter ensemble sans effacer nos différences.
Articles et ouvrages
« Géographie de la vie politique en lien avec la fabrique urbaine : le risque de la saturation », in Saturations, Éditions Elya, Paris, 2020.
« Le droit à la ville : un concept émancipateur ? », Métropolitiques, décembre 2019.
L’exercice du droit à la ville, Éditions Metispresses, Genève, 2018.
« Mouvement depuis le bas : les espaces périurbains comme cadre d’opportunité », International Urban Development Association, Vaux-en-Velin, 2012.
Chapitres et contributions
« Quand la démocratie suisse fait office de catalyseur », in Construire plus vite la ville durable, Éditions Eyrolles, 2021.
« Ville et politique », conférence invitée, HEAI-FR, 2024.
« Mobilité, aménagement : faire la ville est politique », Université d’été du PS, Genève, 2024.
Conférences et colloques
Mobilité, aménagement : faire la ville est politique, Université d’été du Parti socialiste,
Genève 2024
« La participation en urbanisme par le biais d’un festival », The Narrative Making of the City, Université de Genève, 2023.
Faire la ville est un acte politique,
Forum Bâtir et planifier, SIA Vaud
Renens, 2021
L’organisation des villes,
Radio Télévision Suisse – émission Tribu,
Lausanne, 2019
« Une production urbaine ouverte à tous ? », colloque Vers une nouvelle citoyenneté urbaine ?, Université de Lyon, 2017.
Le lieu est un espace vécu, traversé par des usages, des récits, des attachements.
Il engage une relation, une expérience d’hospitalité : celle que l’on offre, celle que l’on reçoit, celle que l’on refuse.
Habiter un lieu, c’est en éprouver les seuils : ces points de contact où se rejouent la possibilité de l’accueil ou de l’exclusion.
Chaque projet urbain, chaque geste d’aménagement, engage une éthique du lieu : il décide de ce qui entre, de ce qui reste dehors, de ce qui peut advenir.
La ville n’est donc pas un décor ; elle est un milieu d’apparition, une géographie du sensible et du politique.
Penser les lieux, c’est ouvrir un champ de responsabilité : celui d’une hospitalité concrète, située, jamais acquise.
Articles
« L’ouroboros de la participation », Espazium, 2024.
« Le Code de la rue, bien plus qu’une histoire de mobilité urbaine », AOC, 2023.
« Fabrique urbaine et participation : pléonasme contemporain », Collage (FSU), 2018.
« DSMY14 process », in Construir en colectivo. Manual de participación en arquitectura y urbanismo, Pol·len, Barcelone, 2016.
Donner la parole aux habitants,
Commune Suisse, n°5,
Suisse, 2016
Vices et vertus de la culture de la participation, Revue Habitations,
Suisse, 2016
Chapitres et contributions
« Réapprendre à pratiquer la ville » et « Discussion de clôture avec Thierry Paquot », in Actes de la 52e école urbaine de l’ARAU, Bruxelles, 2022.
« Comment créer de nouvelles villes ? », in Villes et créativité, dir. S. Cattacin & F. Gamba, Éditions Seismo, 2023.
« Powers movement in the city », STUDIO magazine (Milano), 2014.
Conférences et colloques
« L’espace du public », Joint Master of Arts en Architecture, HEPIA, 2023.
Forum Territoires,
Hi-Flow
Geneva, 2022
« La participation en urbanisme : appréhender la complexité », Master en développement urbain, UNIGE / HES-SO Genève, 2022.
« Innovation des processus participatifs en urbanisme », Séminaire InCite, UNIGE, 2018.
Nous ne vivons plus dans une nature extérieure, mais dans un monde dont nous percevons désormais les limites et la fragilité.
Habiter à l’ère de l’Anthropocène, c’est reconnaître que la ville participe de cette vulnérabilité : elle concentre les crises écologiques, sociales et symboliques.
Mais elle demeure aussi un laboratoire de résistance, un lieu d’invention du commun.
La question n’est plus seulement celle de la durabilité, mais celle de la dignité : comment rendre le monde à nouveau habitable, sensible, partageable ?
C’est dans cette perspective que je parle d’une géopoétique de l’urbain : une manière d’écrire et de penser la ville à partir des formes de vie qui la traversent, des gestes qui la transforment, des fragilités qu’elle révèle.
Articles
« L’urbanisme culturel : une nouvelle approche de la ville », Causes Communes, Genève, 2024.
« Pour un centre-ville tourné vers le futur », Causes Communes, 2021.
« Le droit à la ville intelligente », Causes Communes, 2017.
Contributions et conférences
« The City of Summer: Philosophical geography and urban identity in the face of climate change », CITAA 2025, University of Cagliari.
« Concevoir aujourd’hui : le rôle des coopératives », Les Rendez-vous de l’urbanisme, Genève, 2024.
« Manifeste mondial de l’Anthropocène », École urbaine de Lyon, 2021.
« Production of the City and inhabitants roles”, #xcol-event_3, Madrid, 2015.
Travaux à paraître
« Nous habitons des dessous de parasols », manuscrit en préparation. (→ section “Œuvres”)
Last Updated 20.10.2025
Fondation WRP, 2026
Conçue comme un atelier de recherche, Nouvelle grammaire de la ville rassemble peintures, textes et fragments pour interroger la manière dont la ville s’écrit, se prononce, se transforme.
Chaque pièce questionne le vocabulaire même de l’urbanisme : le plan, le seuil, la densité, la lumière.
L’exposition cherchera moins à montrer qu’à rendre lisible — à révéler la syntaxe invisible des lieux et les mots par lesquels nous habitons le monde.
+ infos à venir
Il s’agit d’aborder l’été comme philosophie de la présence, un état du monde où la lumière, le désir et le corps deviennent des vecteurs de production d’une ville habitable dans l’anthropocène.
Entre photographie, texte et installation, L’Été invite à penser la saison non comme une parenthèse, mais comme une manière d’être au monde : ouverte, hospitalière, profondément politique.
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Portraits de ville poursuit l’étude de la subjectivité urbaine à travers la peinture. C’est une réflexion sur la réciprocité du regard : qui façonne qui, entre la ville et celles et ceux qui la construisent, la traversent, la rêvent?
Chaque toile devient un visage de la ville : non pas une représentation architecturale, mais une tentative de saisir la tension entre anonymat et apparition. Les formes y surgissent comme des traces d’habiter, des silhouettes de lieux en friction — une géographie du sensible plus qu’un paysage.
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Chaque toile devient un visage de la ville : non pas une représentation architecturale, mais une tentative de saisir la tension entre anonymat et apparition. Les formes y surgissent comme des traces d’habiter, des silhouettes de lieux en friction — une géographie du sensible plus qu’un paysage.
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Lieu de liberté apparente, la plage révèle une autre réalité : celle de l’économie informelle et des corps qui s’y épuisent.
Les images saisissent celles et ceux qui vivent de leurs ventes — boissons, maillots, glaces, souvenirs —, figures discrètes mais essentielles d’un territoire en tension entre plaisir et survie, entre loisir et nécessité.
Ici, le sable devient marché, la lumière devient charge, le soleil devient travail.
La plage des autres interroge ainsi l’idée même d’un été partagé : qui profite de la lumière ? qui la porte ? qui la subit ?
Au-delà de la photographie documentaire, ce projet propose une lecture politique du sensible : celle d’un espace commun où la présence des uns repose sur l’effacement des autres, et où la beauté du lieu n’efface pas sa conflictualité.
J’en conçois la forme et la mise en œuvre avec les habitants, et des associations locales. L’objectif est de faire apparaître la communauté politique à travers un rituel de parole et de décision qui offre du temps et de l’espace à une citoyenneté urbaine qui en manque.
L’Urbansgemeinde propose une autre manière de penser la démocratie locale : non pas la représentation, mais la présence ; non pas l’efficacité, mais la visibilité et l’interpellation. Une manière d’éprouver ensemble ce que signifie encore habiter une ville.
Sa première édition se tiendra en 2026 à Meyrin, Suisse.
J’accompagne une démarche collective visant à identifier où se logent les enjeux sociaux dans la fabrique des quartiers afin de proposer de nouveaux outils d’interventions urbaines. Ce travail, situé à la croisée de la recherche et de l’action publique, explore la dimension sociospatiale de l’urbanisme.
Ce réseau veut proposer une autre manière de penser la ville, non plus depuis les objets bâtis, mais depuis les relations et les gestes d’hospitalité qu’ils permettent. Cette initiative se traduira aussi dans une formation continue destinée à faire la ville autrement.
Dans un monde où l’Anthropocène est devenu un constat, la transition écologique et sociale ne peut être qu’un cheminement collectif, nécessitant une réappropriation active de nos espaces communs. ECHO propose ainsi une coopérative imaginaire, rassemblant plus de 500 collaborateurs autour de la production de l’espace public – non pas comme un simple lieu, mais comme une expérience vécue et une perspective d’action.
Cette démarche, en collaboration avec Irene Gil Lopez, croise recherche urbaine, scénographie et participation, explorant comment le vide peut devenir une ressource politique et sensorielle.
Une cuisine, un salon et une table dressée à ciel ouvert : autant de dispositifs pour questionner la frontière mouvante entre intime et collectif.
L’espace public devient scène d’hospitalité — mais aussi de friction, car la rue n’est jamais neutre.
Entre repas, discussions et regards, le projet explore les rituels du quotidien comme leviers politiques : comment le simple fait de cuisiner ensemble ou partager un repas peut reformuler nos manières d’habiter la ville.
Inspiré par Richard Sennett et sa réflexion sur la publicité des vies ordinaires, Cook and Watch met en jeu ce passage fragile entre le dedans et le dehors, entre l’espace du foyer et celui du commun.
Inspirée du suédage de Michel Gondry — cette pratique consistant à rejouer un film avec les moyens du bord —, l’action transpose ce principe à l’échelle urbaine : refaire la ville pour mieux la comprendre.
Face à une centralité en déclin et à une périphérie standardisée par le commerce, SUEDAGE réactive le cœur de la ville à travers une performance participative : habitants, étudiants et passants deviennent acteurs d’un récit commun.
En rejouant la ville, chacun réapprend à y apparaître, à y prendre place, à en éprouver la friction.
Le projet interroge le rôle de l’imaginaire dans la transformation urbaine : comment l’invention, le jeu et la mémoire peuvent rouvrir des espaces d’hospitalité au sein même de la fabrique métropolitaine.
Atelier for Transformation, Hospitality & Urban Practice ( ATHP ) est la structure avec laquelle je réponds à des commandes publiques et privées à travers la stratégie urbaine en tant que méthode adaptative fondée sur la compréhension des contextes, des récits et des dynamiques sociales qui composent la ville.
→ athp.ch